Violette en décembre (2025)

  • A paraître: entretien de Marie Fortuit, metteuse en scène de Thérèse et Isabelle au théâtre de la ville avec Anaïs Frantz. Simone de Beauvoir studies, N° 36. (voir bibliographie)

Aya Nakamura lauréate du prix Patterson!

Membre de l’Association des ami.e.s de Violette Leduc, Aya soutient sa thèse en 2023. Son article sur l’engagement des femmes autour de Simone de Beauvoir contient une étude sur l’attitude résolument marginale de Leduc face à une Beauvoir politiquement impliquée à partir de 1945. Un article qui vaut à Aya d’être lauréate du Patterson Prize, attribué par les Simone de Beauvoir Studies! Présentation par Claudia Bouliane.

Le 15 novembre: sortie du film de Mona Achache: little girl blue

Mona Achache est la fille de Carole Achache qui nous a quitté.e.s en 2016. Enfant, elle avait connu une certaine Violette Leduc, grande amie de sa mère, Monique Lange. Ce film bouleversant retrace la quête d’une femme marquée par deux générations d’autrices qui furent liées, affectivement et littérairement, par Leduc et Genet. En 2014 le colloque consacré aux « cinquante ans de La Bâtarde » avait reçu avec émotion le témoignage de Carole. (voir page de ce site dédiée au colloque) VIOLETTE LEDUC y apparaît très brièvement, avec un gros plan filmé de son visage.

Voici la bande-annonce du film.

Parution: Ravages et l’invitée: politiques du roman parlé. Par Mireille brioude

in: Simone de Beauvoir Studies 33 (2022)

Référence de l’article : Brioude, M. (2023). L’Invitée de Simone de Beauvoir et Ravages de Violette Leduc: Politiques du roman parlé. Simone de Beauvoir Studies, 33(1), 98-118. https://doi.org/10.1163/25897616-bja10061

(Accès limité, me contacter)

Résumé: L’étude comparée de L’Invitée de Simone de Beauvoir, publié en 1943, et de Ravages de Violette Leduc, publié en 1955, met en lumière une divergence de conception de la création romanesque entre les deux écrivaines. La place prépondérante du dialogue dans les deux œuvres érige ce dernier en concurrent d’une narration à la première personne, ce qui introduit dans les romans un double plan discursif, interrogeant par là-même le mode d’écriture des deux projets romanesques. L’article souligne en particulier le statut inconscient d’une structure discursive genrée faisant apparaître une « parole féminine » fragile ou, au contraire, puissante.

16 janvier 2023 : Soutenance de la thèse d’Aya Nakamura

Université de Lyon II

Possibilité d’y assister en distanciel sur inscription

Le jury sera composé de :
Mme Martine BOYER-WEINMANN, Professeure émérite de littérature française, Université Lumière Lyon 2, directrice
Mme Franca BRUERA, Professoressa ordinaria, Università degli Studi de Turin, examinatrice
M. Dominique CARLAT, Professeur, Université Lumière Lyon 2, Passage Arts & Littératures XX-XXI, examinateur
M. Maxime DECOUT, Professeur de littérature française, Université Paris IV Sorbonne, CELLF, membre de l’IUF, pré-rapporteur
Mme Martine REID, Professeure émérite, Université Lille III, ALITHILA, pré-rapporteure

Résumé :  
Cette thèse vise à étudier les « postures » auctoriales des écrivaines en France de la période 1945-1970 à travers les exemples de Simone de Beauvoir (1908-1986), Violette Leduc (1907-1972) et Dominique Aury (1907-1998). Tout au long du XXe siècle, parallèlement aux progrès réalisés en matière d’émancipation des femmes, les écrivaines ont progressivement gagné en visibilité et ont été intégrées aux institutions littéraires ; mais que représente pour une femme des années d’après-guerre le fait de devenir écrivaine ? Que pourrions-nous dire sur leur position dans le champ littéraire et le processus de leur légitimation, et comment ont-elles fabriqué leur singularité ? Pour aborder ces questions, cette étude mobilise la notion de « posture » telle que définie par Jérôme Meizoz, qui désigne la manière dont une écrivaine ou un écrivain occupe une position dans le champ littéraire. En nous intéressant aux écrivaines appartenant à la génération de Beauvoir, à savoir celles qui ont été actives après 1945, année où les Françaises ont obtenu leur droit de vote, et avant le MLF des années 1970, nous explorons les diverses postures des écrivaines et la fabrication de leur singularité à travers quatre pôles thématiques : leur entrée en littérature, leurs engagements politiques, la question du dilemme entre le succès économique et le prestige littéraire, et leurs écrits sur la sexualité face à la censure. Outre Beauvoir, Leduc et Aury qui constituent notre corpus principal, nous considérons également les exemples de Françoise Sagan et de Nathalie Sarraute comme corpus secondaire.

Promenade à Chevreuse

Un dimanche de juin 2022 dix ami.e.s partent pour un parcours dans la vallée sur les pas de Violette Leduc, pique-nique, conversations enjouées et rires aux éclats… Arrêts, concentrés tout à coup. Anaïs Frantz a justement découpé de nombreux passages de La Bâtarde, de La Chasse à l’Amour et d’autres œuvres encore pour qu’à chaque station devant un monument ou un paysage évoqués par Violette nous puissions lire à haute voix ce qu’elle en écrivait…

Récit

Avant-première à la librairie Violette and co

La rencontre sur le livre réunissant des articles de Catherine VIOLLET sur
Violette aux éditions iXe « Aimer, c’est écrire, et vice versa » est
confirmée pour le mercredi 9 février à 19h00 en présence d’Anaïs FRANTZ, une
avant-première car la sortie officielle en librairie est prévue le 11
mars. Nous en sommes très heureuses, car ce sera la dernière rencontre à
la librairie, avant la fermeture définitive au public le samedi 12
février au soir
. Nous finirons en beauté en rendant hommage à Violette,
à Catherine et aux éditions iXe, maison d’édition partenaire pendant
cette aventure de 18 ans.

Genèse de l’autobiographie: travaux de Catherine Viollet

Chercheuse à l’Institut des Textes et Manuscrits modernes (CNRS), Catherine Viollet s’était spécialisée dans l’étude génétique des textes. Les essais réunis dans ce recueil témoignent de la subtilité et de la ténacité de cette chercheuse, qui sut avec une tranquille audace imposer des manuscrits d’autrices dans le corpus très masculin de sa discipline.

Fine connaisseuse de l’oeuvre de Violette Leduc, elle se passionnait aussi pour Annie Ernaux et Marcel Proust, Christiane Rochefort et Simone de Beauvoir. En se basant sur les manuscirts de ces grands noms de la littérature, son décryptage des ratures, reprises, remords qui biffent les pages avant publication nous rend physiquement sensible le travail du « je » qui s’écrit – pas toujours à la première personne.

C’est avec grand plaisir que nous vous communiquons la parution des travaux de Catherine Viollet publiés par les éditions iXe

Catherine Viollet †

QUI EST DÉSIRÉE HELLÉ?

 

© LA VIE D’ARTISTE AWD

 

 

 

 

 

 

 

Violette Leduc a écrit dans Les Temps Modernes de 1945 à 1963, publiant des passages de son oeuvre avant édition ou rédigeant des articles sur divers phénomènes de société. Mais un seul article est consacré à une artiste, Désirée Hellé, dont l’oeuvre peint, des aquarelles principalement, fut exposé  en 1952 par le célèbre collectionneur parisien Romi. A l’occasion du vernissage de l’exposition, Violette Leduc rend visite à Désirée Hellé qui avait disparu : elle habitait au 9 rue Paul Bert  (!) et la journaliste la retrouve dans un hospice d’Ivry où elle apprend son terrible secret. L’oeuvre de Désirée Hellé est, pour le moins, méconnue : c’est grâce à Martine et Bertrand Willot (La Vie d’artiste AWD) que nous avons pu découvrir deux aquarelles de cette peintre talentueuse. Martine et Bertrand Willot ont consacré, entre autres, un beau livre bilingue à la peintre irlandaise Gertrude O’Brady et d’autres monographies à des peintres comme G. Existence ou George Bottini… En outre, Les Temps Modernes m’ont aimablement donné l’autorisation de recopier l’article de Violette Leduc consacré à Désirée Hellé, article dans lequel j’ai inséré les deux aquarelles de 1930 ainsi que quelques notes explicatives Lire l’article.

Mireille Brioude.

Thérèse et Isabelle au Théâtre de la Ville

Mise en scène de Marie Fortuit

Du 28 mars au 8 avril 2025

Lorsque Violette Leduc écrit Thérèse et Isabelle entre 1948 et 1951, elle fait scandale. Le roman évoque la passion corps et âme de deux adolescentes que l’époque va condamner et séparer. Il assume une langue poétique et érotique qui sera censurée, et devra attendre les années 2000, bien après la mort de son autrice, pour être publié dans son intégralité. Il fait figure aujourd’hui de récit fondateur d’un amour lesbien composé par une femme qui assume l’audace du désir. Un enjeu dont Marie Fortuit s’empare avec ardeur en l’explorant dans toutes ses dimensions, parmi lesquelles : les origines de classe qui séparent Thérèse et Isabelle ou la relation d’autorité qui caractérise la soumission des adolescents aux adultes. Elle traverse cette diagonale d’hier à aujourd’hui avec trois interprètes, dans les incroyables paysages scéniques et sonores (musique classique et chansons populaires en live) qui font sa signature au plateau.

Marina Da Silva